Extrait du magazine d'Orsay du mois d'Octobre 2011
Curieuse de ce qui fait que le monde est monde, Corinne Fournier se décrit elle-même comme « une conteuse amoureuse de la culture orale ». Depuis une dizaine d’années, elle offre ses histoires aux petites oreilles comme aux plus grandes, aux toutes tendres comme aux solides, à celles de la tête comme à celles du cœur.
Mais pourquoi raconter encore aujourd'hui ?
« Nous sommes dans une civilisation où, dès l'enfance, nous sommes nourris d'images. Or on oublie aussi combien il est important de pouvoir se fabriquer ses propres images. Et bien raconter, c'est cela : faire lever des images dans la tête de ceux qui nous écoute. Je raconte avec des mots mais aussi avec les gestes, le ton, le rythme, les silences, etc. »
Un bon conteur fait voyager son public au cœur de l'imaginaire, sans support écrit, sans texte appris par cœur. L’histoire s'élabore et prend corps au fil des racontées. Le texte du conte n'est jamais figé. « Chaque conteur, racontant le conte, le nourrit de sa propre vie et des réactions du public. C'est un art de la relation ! Il n’y a pas de texte originel, ni d’auteur, la culture orale est anonyme. On peut presque dire qu'il existe autant de contes que de conteurs. »